À 10 ans de la retraite : les 5 questions à poser sur votre PER
Dix ans avant la retraite, votre PER entre dans une nouvelle phase.
Pendant plusieurs années, l’objectif était probablement d’épargner, de profiter d’un horizon long terme et, selon votre situation, de bénéficier de la déductibilité fiscale de certains versements.
Mais à mesure que la retraite approche, les priorités évoluent.
Il ne s’agit plus seulement de constituer un capital. Il faut commencer à réfléchir à la manière dont ce capital pourra demain compléter vos revenus.
C’est donc un moment particulièrement pertinent pour faire un bilan de votre PER.

1. Quel capital avez-vous réellement constitué ?
C’est le premier chiffre à regarder.
Mais pas seulement.
Il faut également analyser le montant des versements réalisés, la valorisation actuelle du contrat, sa performance dans le temps, les frais supportés et la répartition de l’épargne entre les différents supports.
L’objectif est de savoir où vous en êtes aujourd’hui, mais surtout de vous demander :
avec encore dix années devant vous, êtes-vous sur la bonne trajectoire ?
Si le capital constitué apparaît insuffisant par rapport à votre objectif de retraite, il est encore temps d’adapter progressivement votre effort d’épargne.
2. De quel revenu complémentaire aurez-vous besoin ?
Accumuler 100 000 €, 200 000 € ou davantage n’est pas un objectif patrimonial en soi.
Ce capital doit répondre à un besoin.
Commencez donc par estimer vos futures pensions de retraite, puis comparez-les au niveau de vie que vous souhaitez conserver.
Si vos pensions futures sont estimées à 3 000 € par mois mais que vous souhaitez disposer de 4 000 €, votre stratégie doit notamment permettre de réfléchir au financement de ce différentiel.
Cette approche permet de passer d’une logique de capital à constituer à une logique de revenus futurs à organiser.
3. Votre allocation est-elle encore adaptée ?
À dix ans de la retraite, une question revient souvent : faut-il commencer à sécuriser son épargne ?
La réponse dépend de votre situation.
Réduire progressivement certains risques peut être pertinent lorsque l’échéance approche. Mais sécuriser trop rapidement l’intégralité du capital peut également réduire son potentiel de valorisation alors qu’il reste encore plusieurs années d’investissement.
À l’inverse, conserver une exposition importante aux actifs risqués jusqu’au dernier moment peut exposer le capital à une forte baisse juste avant d’en avoir besoin.
Il faut donc rechercher un équilibre entre potentiel de performance, horizon restant et protection progressive du capital.
4. Quel niveau de risque pouvez-vous encore accepter ?
La capacité à prendre du risque à 40 ans n’est pas nécessairement la même à quelques années de la retraite.
Mais l’âge n’est pas le seul critère.
Il faut également regarder votre patrimoine global, vos autres sources de revenus, votre épargne disponible et surtout la date à laquelle vous aurez réellement besoin de l’argent placé sur votre PER.
Une personne disposant d’autres revenus et n’ayant pas besoin immédiatement de son PER à la retraite pourra éventuellement conserver un horizon d’investissement plus long.
À l’inverse, si ce capital doit rapidement servir à financer votre niveau de vie, la stratégie pourra être différente.
Le bon niveau de risque dépend donc davantage de vos besoins que de votre seule date de naissance.
5. Savez-vous déjà comment vous souhaitez récupérer votre épargne ?
C’est une question que beaucoup d’épargnants repoussent jusqu’au départ en retraite.
Pourtant, elle mérite d’être anticipée.
Selon l’origine des sommes présentes sur le PER et les règles applicables, différentes modalités de sortie peuvent être possibles : capital, rente ou combinaison des deux.
Le choix doit notamment tenir compte de vos besoins de revenus, de vos projets, de votre patrimoine et de la fiscalité applicable.
Car le PER ne doit pas être analysé uniquement à travers l’avantage fiscal éventuellement obtenu au moment des versements.
La fiscalité de la sortie fait partie intégrante de la stratégie.
Dix ans avant la retraite, il est encore temps d’agir
À cet horizon, vous disposez encore de suffisamment de temps pour ajuster votre stratégie : augmenter ou modifier vos versements, revoir votre allocation, préparer progressivement la sécurisation d’une partie du capital ou réfléchir aux futures modalités de sortie.
C’est aussi le moment de replacer votre PER dans une vision plus globale.
Assurance-vie, immobilier, épargne financière, pensions futures, patrimoine professionnel pour les dirigeants… votre retraite ne reposera probablement pas sur une seule source de revenus.
Le véritable enjeu consiste donc à organiser progressivement la complémentarité entre ces différents éléments.
À 10 ans de la retraite, la bonne question n’est plus seulement : “Combien ai-je sur mon PER ?”
C’est plutôt :
“Est-ce que la stratégie que j’ai construite me permettra de vivre la retraite que j’ai prévue ?”




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